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lundi 31 janvier 2011

tissus n'dop du Cameroun

Les textiles n’dop du Cameroun

Dans les riches provinces de l’ouest du Cameroun voisinent diverses communautés proches dans la pratique de certaines techniques traditionnelles notamment dans celles relevant du tissage et des teintures naturelles. Les Bamiléké et les Bamoun constituent les groupes culturels les plus importants dans cette région fertile dénommée Grassland. Ces populations partagent notamment une tradition textile, le N’dop terme générique qui inclut le coton mais aussi des fibres plus anciennement utilisées telles que le raphia ou l’écorce battue.

La fabrication des n’dop suit un itinéraire étonnant :  
- le coton,  est récolté au nord dans la région de Garoua où son filage se fait manuellement. Puis le tissage s’effectue sur des petits métiers horizontaux par des tisserands Fulbé ; Ces derniers tissent un mince ruban de coton écru large de 5 cm, appelé « gabaga ».
- les artisans Bamoun et Bamiléké, lors d’un premier voyage aller-retour à Garoua vont acheter les rouleaux tissés par les Fulbés.
- revenus au Grassland, ces rubans sont  cousus bord à bord pour réaliser des pièces de tissus de larges dimensions.
- sur chaque pièce écrue, un maître-artisan trace à l’aide d’une fourche de bambou taillé et trempé dans une encre végétale brune les grandes lignes d’une composition générale et les différents motifs.
- puis les pièces sont brodées au moyen de fils en raphia pour procéder aux réserves nécessaires avant la mise en teinture.
- Les pièces ainsi brodées sont réunies en ballots et effectuent un second voyage à Garoua pour être teintes par les artisans Fulbe, puis ces étoffes reprennent une dernière fois la route de l’Ouest.
- de retour chez l’artisan du n’dop, chaque pièce verra ses fils de raphia soigneusement coupés en enlevés. Les réserves blanches masquées par la broderie végétale apparaîtra pour révéler le motif final.

Le vocabulaire graphique donne toujours lieu à une interprétation. Symbolique abstraite  des peaux de léopard, de reptiles, d’animaux vénéneux chez les Bamoun et les Bamiléké, motifs plus réalistes chez les Wukari. Egalement des motifs géométriques pouvant se rapporter à des scarifications, des ornements d’architecture et de mobiliers.( cercles, croix, carrés, triangles, losanges). La croix est une représentation fondamentale : croisement des routes, division de l’espace, expression du « centre du monde » et de la protection qu’il requiert.